La question de la conscience après la mort se situe à la frontière de la médecine, des neurosciences, de la philosophie et des traditions spirituelles. Elle exige d’abord de distinguer plusieurs états souvent confondus : arrêt cardiaque, perte de conscience, mort clinique, mort cérébrale et décès irréversible.
Ce que l’on peut étudier
Les chercheurs ne peuvent pas interroger une personne après une mort irréversible. Ils étudient donc principalement les survivants de situations critiques, notamment les arrêts cardiaques suivis d’une réanimation, ainsi que les souvenirs rapportés après le retour à la conscience.
AWARE II et la réanimation
L’étude multicentrique AWARE II, publiée en 2023 dans Resuscitation, a examiné conscience et souvenirs pendant la réanimation. Certains survivants ont rapporté des expériences ou perceptions associées à cette période. Des enregistrements ont également permis d’étudier l’activité électrique cérébrale pendant la réanimation chez certains patients.
Ces observations sont importantes pour comprendre la frontière entre conscience et inconscience, mais elles ne démontrent pas qu’une conscience fonctionne indépendamment du cerveau après une mort cérébrale irréversible.
Les explications proposées
Plusieurs modèles neuroscientifiques explorent le rôle de l’hypoxie, des perturbations de réseaux cérébraux, des états modifiés de conscience et des régions impliquées dans la représentation du corps. D’autres chercheurs considèrent que certains récits soulèvent encore des questions non résolues sur la nature de la conscience.
Une revue neurofonctionnelle publiée dans Frontiers in Psychology discute notamment les modèles cérébraux possibles des EMI et expériences de sortie du corps.
Revue neurofonctionnelle des EMI
Une question encore ouverte
Les données disponibles permettent d’étudier les expériences vécues autour de situations où la vie est gravement menacée. Elles ne permettent pas aujourd’hui de transformer la survie de la conscience après la mort en fait scientifique établi. Elles montrent en revanche que l’étude de la conscience aux frontières de la vie reste un champ de recherche actif.